
La comédienne Macha Méril s’installe pour deux soirs au Trianon avec son "Feu sacré", étonnant
mariage de lectures de George Sand et d’oeuvres au piano de Frédéric Chopin. Entretien.
Comment est né ce spectacle atypique?
C’est au cours de lectures que je faisais de George
Sand que l’idée m’est venue de proposer à un grand
“Chopiniste” un spectacle associant théâtre et concert.
Car l’interaction était tellement forte entre Sand et
Chopin que les deux me paraissaient essentiels. Avec
cette alternance, on n’écoute pas la musique de la même
manière en ayant entendu les mots, et inversement.
Mon envie était de montrer combien l’amour entre deux
créateurs est différent de l’amour “normal” car l’œuvre,
l’art, est toujours au cœur de leur amour.
C’est le cas pour George Sand et Chopin, sûrement le
meilleur exemple d’une association de ce genre. Sand
a profondément marqué la couleur des compositions
de Chopin et c’est à Majorque, au cours de leurs 9 ans
ensemble, qu’il a écrit ses plus belles musiques.
De même, Chopin a beaucoup influencé George Sand,
aussi bien dans son œuvre d’écrivain que dans sa vie
de femme.
Pourquoi Sand? Qu’avez-vous en commun?
Parce que c’est une femme que j’admire! C’est un peu
ma sœur, et elle m’a ouvert la porte à beaucoup de
choses. L’écriture, d’abord: c’est au contact de son
œuvre que m’est vraiment venue l’envie d’écrire. Et
puis, en tant que femme, elle m’a aidé à me libérer
de certains complexes. À elle aussi, on lui faisait ce
reproche de «changer d’homme tout le temps». Mais
c’était quelqu’un d’honnête, qui ne supportait pas la
dégradation de l’amour. Même en plein romantisme,
il fallait du courage pour assumer une telle franchise.
Vous parliez de “grand Chopiniste”. Avec Jean-Marc
Luisada, vous avez déniché un très grand!
En effet, j’ai une chance incroyable. D’autant plus que
la rencontre s’est faite de manière inattendue, sur le
plateau de «Thé ou café» sur France2. J’évoquais ce projet
avec Catherine Ceylac et elle m’a demandé quel serait le
pianiste idéal pour ce spectacle. J’ai pensé à lui et, à peine
avais-je répondu, que Jean-Marc est sorti des coulisse !
Catherine m’avait réservé cette belle surprise.
Avec lui, nous avons fait tourner «Feu sacré» depuis 10
ans, jusqu’à New York, au Portugal, au Japon…
Je crois que ces dates à Bordeaux ont un sens particulier
pour vous…
Oui, c’est vrai. Vous savez, je passe beaucoup de temps
dans ma maison dans le Gers et, Bordeaux,
c’est ma capitale. J’ai des attaches très fortes avec cette
ville, et je crois que beaucoup de mes amis viticulteurs
du coin vont venir me voir au Trianon. Je suis heureuse
de m’y produire: l’originalité du spectacle fait qu’il lui
faut des lieux pour ça, et ce petit théâtre, cette
“bonbonnière” sera très bien pour exprimer sa sève et
son caractère unique. •
Recueilli par Sébastien Le Jeune
Ce soir et demain, à 20h30, au Trianon, 24-29€.
Tél. 05 56 20 13 20 ou theatre-letrianon.com
Photo : Macha Méril : «Bordeaux, c’est ma capitale.» © Pascal Gascuel
http://www.bordeaux7.com/bordeaux-sorties/5199-spectacle-concert
mariage de lectures de George Sand et d’oeuvres au piano de Frédéric Chopin. Entretien.
Comment est né ce spectacle atypique?
C’est au cours de lectures que je faisais de George
Sand que l’idée m’est venue de proposer à un grand
“Chopiniste” un spectacle associant théâtre et concert.
Car l’interaction était tellement forte entre Sand et
Chopin que les deux me paraissaient essentiels. Avec
cette alternance, on n’écoute pas la musique de la même
manière en ayant entendu les mots, et inversement.
Mon envie était de montrer combien l’amour entre deux
créateurs est différent de l’amour “normal” car l’œuvre,
l’art, est toujours au cœur de leur amour.
C’est le cas pour George Sand et Chopin, sûrement le
meilleur exemple d’une association de ce genre. Sand
a profondément marqué la couleur des compositions
de Chopin et c’est à Majorque, au cours de leurs 9 ans
ensemble, qu’il a écrit ses plus belles musiques.
De même, Chopin a beaucoup influencé George Sand,
aussi bien dans son œuvre d’écrivain que dans sa vie
de femme.
Pourquoi Sand? Qu’avez-vous en commun?
Parce que c’est une femme que j’admire! C’est un peu
ma sœur, et elle m’a ouvert la porte à beaucoup de
choses. L’écriture, d’abord: c’est au contact de son
œuvre que m’est vraiment venue l’envie d’écrire. Et
puis, en tant que femme, elle m’a aidé à me libérer
de certains complexes. À elle aussi, on lui faisait ce
reproche de «changer d’homme tout le temps». Mais
c’était quelqu’un d’honnête, qui ne supportait pas la
dégradation de l’amour. Même en plein romantisme,
il fallait du courage pour assumer une telle franchise.
Vous parliez de “grand Chopiniste”. Avec Jean-Marc
Luisada, vous avez déniché un très grand!
En effet, j’ai une chance incroyable. D’autant plus que
la rencontre s’est faite de manière inattendue, sur le
plateau de «Thé ou café» sur France2. J’évoquais ce projet
avec Catherine Ceylac et elle m’a demandé quel serait le
pianiste idéal pour ce spectacle. J’ai pensé à lui et, à peine
avais-je répondu, que Jean-Marc est sorti des coulisse !
Catherine m’avait réservé cette belle surprise.
Avec lui, nous avons fait tourner «Feu sacré» depuis 10
ans, jusqu’à New York, au Portugal, au Japon…
Je crois que ces dates à Bordeaux ont un sens particulier
pour vous…
Oui, c’est vrai. Vous savez, je passe beaucoup de temps
dans ma maison dans le Gers et, Bordeaux,
c’est ma capitale. J’ai des attaches très fortes avec cette
ville, et je crois que beaucoup de mes amis viticulteurs
du coin vont venir me voir au Trianon. Je suis heureuse
de m’y produire: l’originalité du spectacle fait qu’il lui
faut des lieux pour ça, et ce petit théâtre, cette
“bonbonnière” sera très bien pour exprimer sa sève et
son caractère unique. •
Recueilli par Sébastien Le Jeune
Ce soir et demain, à 20h30, au Trianon, 24-29€.
Tél. 05 56 20 13 20 ou theatre-letrianon.com
Photo : Macha Méril : «Bordeaux, c’est ma capitale.» © Pascal Gascuel
http://www.bordeaux7.com/bordeaux-sorties/5199-spectacle-concert